Le 30 septembre 2026, Rakuten France a définitivement cessé ses activités de vente. Pour Label Emmaüs et Label École, c’est un partenaire de longue date qui s’en va. Et pour tous les amoureux des livres d’occasion, c’est une plateforme historique qui disparaît.
Derrière cette fermeture, il y a d’abord des femmes et des hommes, des salariés qui perdent leur emploi et dont certains ont partagé leur savoir-faire avec nos apprenants.
Il y a aussi une question plus large, qui nous concerne tous : comment faire vivre durablement la seconde main culturelle en France, alors que ses acteurs historiques vacillent les uns après les autres ?
Rakuten, un partenaire de la première heure pour Label École
Depuis ses débuts, Rakuten France accompagne Label École, l’école du digital solidaire portée par Label Emmaüs.
Au fil des années, plusieurs apprentis de Label École ont réalisé leur alternance chez Rakuten. Une première expérience professionnelle concrète, au cœur d’une grande plateforme de e-commerce.
Des collaborateurs de l’entreprise sont aussi venus enseigner dans nos campus. Ils ont partagé leur expérience du métier et transmis aux apprenants les codes d’un secteur qu’ils connaissaient de l’intérieur.
Pour des personnes en décrochage scolaire ou éloignées de l’emploi, ce type de partenariat change concrètement la donne. Il ouvre des portes, donne de la confiance et crée des liens qui durent bien après la formation.
Nos pensées vont aujourd’hui aux salariés touchés par cette fermeture. Nous tenons à les remercier sincèrement pour leur engagement à nos côtés.
Le livre d’occasion n’a jamais autant compté, et pourtant il vacille
Avec Rakuten France, le livre d’occasion perd l’une de ses plateformes historiques.
Cette fermeture tombe à un moment paradoxal. La seconde main n’a jamais été aussi présente dans nos habitudes de lecture : elle représente aujourd’hui près d’un livre acheté sur cinq en France (ministère de la Culture et Sofia, 2024).
Mais ses acteurs restent économiquement fragiles. D’un côté, des plateformes comme Shein ou Temu captent l’attention et le pouvoir d’achat avec du neuf à très bas prix. De l’autre, de grandes plateformes généralistes imposent leurs conditions aux vendeurs.
Entre les deux, les acteurs spécialisés peinent à tenir. Rakuten quitte le marché français, Gibert est en redressement judiciaire : la disparition d’acteurs de cette taille est un rappel fort de cette fragilité.
Réguler, oui, mais sans mettre tout le monde dans le même panier
Le Centre national du livre (CNL) envisage aujourd’hui une contribution financière à la charge des plateformes de vente en ligne. Son constat : ces plateformes déstabilisent le marché du livre, notamment à travers les ventes d’occasion.
Chez Label Emmaüs, nous partageons cette idée de fond. Les acteurs qui fragilisent la filière doivent contribuer à la soutenir.
Mais toutes les plateformes ne se valent pas. D’un côté, des géants du commerce en ligne. De l’autre, une coopérative solidaire qui réemploie des livres donnés, les remet en circulation et finance l’insertion professionnelle.
Les traiter de la même manière reviendrait à affaiblir précisément ceux qui font vivre une seconde main responsable.
Nous appelons donc à une régulation qui distingue les modèles. Une régulation qui reconnaisse le rôle des acteurs de l’économie sociale et solidaire dans l’allongement de la vie des livres.
Faire circuler les livres plutôt que les détruire
Chaque année en France, près de 150 millions de livres neufs invendus finissent au pilon. Cela représente 25 % de la production littéraire du pays, et l’équivalent d’un million d’arbres abattus pour rien.
Dans ce contexte, faire circuler les livres qui existent déjà est un choix à la fois culturel, écologique et social.
Pour Maud Sarda, directrice de Label Emmaüs, l’urgence est réelle :
« La filière du livre a un impact environnemental non négligeable : près de 150 millions de livres neufs sont invendus et donc détruits chaque année en France. Ces invendus représentent 25 % de la production littéraire du pays, mais surtout l’équivalent d’un million d’arbres détruits, pour rien. Dans le même temps, les acteurs historiques de l’occasion vacillent : Gibert est en redressement judiciaire et Rakuten quitte le marché français. Plus que jamais, il est urgent de soutenir l’économie circulaire du livre, surtout quand cette économie est aussi solidaire, comme dans le cas de Label Emmaüs. »
Continuer à porter la seconde main, ensemble
Label Emmaüs continuera à défendre la seconde main. Pour ses lecteurs, pour ses salariés en insertion, et pour celles et ceux qui ne peuvent plus mener ce combat.
Plus de 2 millions de livres vous attendent aujourd’hui sur notre boutique en ligne. Romans, BD, livres jeunesse, essais, beaux livres : il y en a pour toutes les envies de lecture.
Chaque achat donne une nouvelle vie à un ouvrage. Et chaque achat contribue à former et accompagner des personnes éloignées de l’emploi vers les métiers du numérique.
Vous cherchez votre prochaine lecture ? Choisissez la seconde main solidaire. Découvrir nos livres d’occasion