Aujourd’hui, mercredi 17 juin, se tient la Commission Mixte Paritaire (CMP) qui doit trancher plusieurs années de combat parlementaire autour de la loi anti fast fashion. Votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en mars 2024, cette proposition de loi a traversé rebondissements, blocages et tentatives de dilution. L’heure de vérité a enfin sonné.
Deux ans de lutte
Depuis 2024, la coalition #stopfastfashion n’a pas lâché. Campagnes de plaidoyer, mobilisations devant le Sénat, recherche de relais politiques… Label Emmaüs a fait partie de ces voix qui ont tiré la sonnette d’alarme sur la concurrence déloyale des géants du e-commerce. Car derrière les robes à 3€ et les livraisons express, c’est toute une filière qui s’effondre et ce sont les structures de réemploi solidaire qui récupèrent les dégâts, littéralement, sous forme de montagnes de textiles toxiques impossibles à valoriser.
Le texte a failli ne jamais arriver au Sénat. Puis il y est arrivé, mais vidé d’une partie de son ambition : certains voulaient limiter son champ aux seuls Shein et Temu, laissant la fast fashion traditionnelle hors du radar. Un contresens total.
Ce que la loi doit porter
Impact France, qui fédère plus de 30 000 entrepreneur·es engagé·es dans la transition écologique, a publié aujourd’hui une position de compromis claire : aboutir à un texte équilibré, applicable, et efficace. Concrètement, ça veut dire maintenir l’interdiction de publicité pour l’ultra fast fashion, des pénalités progressives fondées sur le coefficient de durabilité environnementale, et une prime pour les vêtements les plus durables. Une approche graduée, qui cible d’abord les pires acteurs sans exonérer les autres.
La coalition Stop Fast Fashion va plus loin : elle exige que la loi sanctionne l’ensemble du secteur selon l’impact réel de chaque acteur, et qu’elle serve de base à une défense au niveau européen.
Et pendant ce temps, le BHV tourne la page
Aujourd’hui même, le BHV Marais annonçait mettre fin à son partenariat avec Shein. Le repreneur Karl-Stéphane Cottendin reconnaît que cette expérimentation était une erreur stratégique, et souhaite que Shein ait quitté le BHV Marais d’ici à Noël. Rappelons que l’ouverture en novembre du premier magasin physique pérenne de Shein au BHV avait déclenché un tollé et accéléré la fuite de grandes marques comme Dior, Sandro et Guerlain, mécontentes de la présence du géant asiatique.
Ce n’est pas une victoire législative. Mais c’est un signal fort : la normalisation de Shein dans le commerce français, ça ne passe pas.
Aujourd’hui, la CMP a une responsabilité historique
Le pire scénario serait l’absence de consensus et donc aucune loi. Ce serait un aveu d’impuissance face à des pratiques commerciales et environnementales désastreuses. Par respect pour les milliers de personnes mobilisés depuis des années, pour les emplois détruits dans la filière textile, et pour les structures du réemploi solidaire qui absorbent en silence les conséquences de cette industrie.
Mesdames et messieurs de la CMP, on compte sur vous.
Il nous faut le maintient des ressourceries Emmaus ou autres brocantes vêtements pour des emplois de reclassement et des revenus pour aider les petits revenus..