Quel est l’autre prix ? Celui que personne ne met sur l’étiquette.
Un modèle conçu pour saturer, pas pour durer
Chaque jour, Shein met en ligne entre 2 000 et 10 000 nouveaux articles. Pas des collections. Des micro-tendances générées par algorithme, calibrées sur ce que TikTok agite ce matin et que personne ne portera dans six mois.
Le résultat ? Des vêtements conçus pour être achetés vite, portés peu, jetés encore plus vite. 76 % des textiles Shein sont en polyester : une matière qui libère des microfibres plastiques à chaque lavage. Ce sont 500 000 tonnes de microfibres synthétiques qui rejoignent les océans chaque année. Invisible et irréversible.
Et pour livrer tout ça à toute vitesse, Shein s’appuie massivement sur le fret aérien, soit l’un des modes de transport les plus polluants qui soit. Le bilan carbone de l’entreprise atteint 8,5 millions de tonnes de CO₂. L’équivalent de ce que produisent des pays entiers.
Derrière les prix : des vies invisibles
Les prix bas ne tombent pas du ciel. Ils s’expliquent.
En France, un contrôle douanier portant sur 200 000 colis à Roissy a établi que 8 produits Shein sur 10 ne respectent pas les normes françaises en vigueur, en termes de sécurité, composition, étiquetage. Des produits qui n’auraient pas dû passer, vendus à des millions de consommateurs·ices sans qu’iels le sachent.
Mais le non-respect des normes ne s’arrête pas à la douane. Il commence bien avant, dans les ateliers.
Rémunération à la pièce. Horaires excessifs. Pression de production extrême. Conditions de travail indignes. Chaîne de sous-traitance volontairement opaque, conçue pour échapper à toute responsabilité. Ce sont les fondations sur lesquelles repose chaque t-shirt à 3 €, chaque commande livrée en quelques jours.
40 % des Français·es ont acheté sur Shein, Temu ou AliExpress en 2025. Plus d’un tiers de la consommation française est capté par des plateformes construites sur ce modèle.
Ce que ça détruit en France.
On parle souvent de l’impact global. Mais il y a aussi un impact local, concret, chiffrable.
En 12 ans, 50 000 emplois ont disparu dans le textile et le commerce en France. 14 000 entreprises ont fermé. Des ateliers, des boutiques, des savoir-faire effacés par une concurrence qui ne joue pas selon les mêmes règles, parce qu’elle s’est affranchie de toutes les règles.
Les géants du e-commerce low-cost ne concurrencent pas le commerce français. Ils le détruisent méthodiquement, pendant que les normes sociales, fiscales et environnementales sont contournées à chaque étape.
Ce n’est pas de la compétition. C’est du dumping.
Résister, c’est possible et c’est ce qu’on fait !
Face à ce constat, on pourrait se sentir impuissant·e. Les chiffres sont vertigineux, le système semble verrouillé.
Mais chaque achat est un choix. Et les choix, cumulés, font bouger les lignes.
Chez Label Emmaüs, nous avons fait le pari inverse depuis le premier jour : celui d’un e-commerce qui ne sacrifie ni les humains, ni la planète, ni l’économie locale sur l’autel du prix le plus bas. Notre plateforme donne une seconde vie à des objets qui auraient pu finir à la poubelle. Elle soutient des structures de l’économie sociale et solidaire partout en France. Elle défend un modèle où le commerce a encore un sens, celui de l’humain, du social, et du local.
Le 18 juin, on en parle ensemble
Cette année, Label Emmaüs fête ses 10 ans. Dix ans à tenir ce cap, à résister aux dérives de la fast fashion, à prouver qu’une autre façon de consommer est possible.
Pour marquer cet anniversaire, nous organisons un événement le 18 juin à l’Académie du Climat, à Paris : une journée pour célébrer, échanger, découvrir ce chemin parcouru, et comprendre ce qui nous anime tous : la mode durable, l’économie solidaire, le commerce qui ne laisse personne sur le bord de la route.
Rejoignez-nous. Parce que résister, c’est toujours mieux à ensemble.