2025 n’a pas été une année facile. Mais elle a été une année juste.
Une année qui nous a rappelé, parfois durement, pourquoi Label Emmaüs existe, et pourquoi nous devons continuer, coûte que coûte.
Voici les six plus grands enseignements que nous tirons de cette année.
1. L’insertion : au-delà des chiffres et des budgets
En 2025, nous l’avons encore vérifié : l’insertion ne se résume ni à des indicateurs, ni à des lignes budgétaires.
Ce n’est pas un “coût”, ni un “risque”, ni une variable d’ajustement.
En effet, pour 1 € investi dans l’insertion, celle-ci rapporte 1,5 € à l’État.
La supprimer, c’est faire le choix absurde de perdre de l’argent, mais surtout du sens.
Parce que l’insertion, c’est une rencontre. Une relation humaine stable, exigeante, parfois inconfortable, mais toujours décisive.
Derrière chaque commande expédiée, il y a des personnes qui reprennent confiance, qui retrouvent des repères, qui osent à nouveau se projeter.
Là où les géants du e-commerce choisissent l’automatisation massive et l’IA pour aller plus vite et moins cher, Label Emmaüs fait un choix radicalement différent : celui de l’humain.
Leçon n°1 : Investir dans l’humain transforme les trajectoires plus que n’importe quel algorithme.
2. Fast-fashion : la pression des géants face à la lucidité des citoyen·nes
En 2025, les géants de la fast fashion ont dépensé des milliards pour influencer nos comportements : campagnes agressives, slogans comme « la mode est un droit », budgets publicitaires sur Meta jamais vus.
À cela s’ajoutent des stratégies féroces pour contourner la loi : lobbying politique, changements de siège social.
Cette débauche de moyens n’est pas un hasard.
Elle est une réponse directe aux combats menés par les militants pour réguler un modèle destructeur et appeler à une loi anti fast-fashion qui les menace.
S’ils vont si loin, c’est qu’ils ont peur.
Et cette démesure a provoqué quelque chose d’inattendu.
Le rejet de la campagne de Shein a été massif, spontané, sans appel. Les citoyens et citoyennes ne sont pas dupes. Parce que quand on maquille un modèle destructeur sous un vernis, la supercherie finit par apparaître.
Leçon n°2 : quand l’information circule, le greenwashing s’effondre.
3. Coopérer pour reprendre le pouvoir
2025 était l’Année internationale des coopératives, déclarée par l’ONU. Et jamais ce mot n’a été aussi concret.
Face à des multinationales prêtes à tout pour préserver leur modèle, la réponse n’a pas été le repli, mais la coopération.
Des citoyens, des salarié·es, des structures de l’ESS ont montré qu’un autre chemin était possible.
Duralex, verrerie iconique de l’industrie française, celle de nos cantines et de nos souvenirs communs, en est la preuve.
Mise en redressement judiciaire au printemps 2024, elle a été reprise en coopérative (SCOP) par ses salarié·es, sauvant 226 emplois. En fin d’année 2025, leur levée de fonds citoyenne a dépassé toutes les attentes.
La reprise de Duralex par ses salarié·es n’a rien d’un miracle isolé.
Label Emmaüs dès sa création a fait le choix du modèle coopératif, car nous croyons plus que jamais en un modèle économique démocratique et juste.
Leçon n°3 : la coopération transforme le pouvoir économique en force partagée
4. Remploi : une solution contre la crise textile
Acheter de seconde main en 2025 n’est plus un geste anecdotique. C’est un acte de résistance face à la surproduction et à l’exploitation sociale.
Aujourd’hui, il faut réguler ces dérives et c’est ce que la France a fait en adoptant, la première loi contre la fast fashion d’Europe.
Un signal fort, mais aussi l’aveu d’un échec collectif : celui d’un modèle textile fondé sur la surproduction, l’importation massive et la destruction de valeur locale.
L’industrie textile européenne s’est effondrée : ateliers fermés, savoir-faire perdus, emplois sacrifiés. Et désormais, le “réemploi” est devenu un mot à la mode, un concept fancy happé par les plus grands. Pourtant, Emmaüs pratique le remploi depuis sa création, bien avant que l’économie circulaire ne devienne un argument marketing.
Une chose est claire : le remploi ne doit pas devenir la caution écologique de la grande industrie.
S’il est capté, marchandisé, vidé de son sens, ce qui était une solution deviendra une partie du problème.
Leçon n°4 : le remploi n’a de valeur que s’il reste exigeant et au service de l’intérêt général.
5. Les territoires sont notre première ligne de résistance.
En 2025, 170 boutiques solidaires vendent sur Label Emmaüs.
170 lieux d’ancrage, d’emploi, d’insertion, de lien social.
Face à des plateformes mondialisées, désincarnées, hors-sol, nos territoires tiennent bon.
L’économie sociale se construit dans des territoires ruraux invisibilisés mais riches en savoirs faire, connexion, et lien sociaux.
Leçon n°5 : relocaliser, c’est protéger ce qui compte.
6. Un peuple qui fait rempart
Ce qui mobilise vraiment, ce n’est pas un discours parfait.
En 2025, Label Emmaüs n’a pas tout réussi.
Mais nous avons tenu bon, alignés avec nos valeurs. C’est cela qui crée la confiance et l’envie de rejoindre le mouvement.
Et un mouvement peut vite devenir contagieux.
Quand la fast fashion a attaqué, la réponse ne s’est pas fait attendre. Créateurs de contenus, artistes, journalistes se sont mobilisés : films, podcasts, enquêtes, tribunes. Les médias ont pris position, des élu·es se sont exprimé·es, des citoyen·nes ont fait entendre leur voix.
Ce que nous avons vu en 2025, c’est une chose rare : un peuple qui fait rempart.
Leçon n°6 : La force du mouvement vient de ceux et celles qui agissent ensemble
Et maintenant ?
Nous savions déjà que Label Emmaüs était plus qu’une marketplace.
Mais en 2025, nous avons compris quelque chose de plus profond encore : Label Emmaüs est un projet de société.
Un projet porté par des personnes qui refusent de se faire berner.
Qui refusent la résignation.
Qui croient que les citoyen·nes sont capables de choisir, d’agir, de construire.
2026 ne sera pas plus simple.
Mais nous savons pourquoi nous avançons.
Et surtout, nous savons que nous ne sommes pas seul·es.
Vous pouvez nous soutenir ainsi que nos combats en devenant sociétaire de Label Emmaüs. Tout cela dès 20€ : https://www.label-emmaus.co/fr/societaire/