Il est des sujets qui nous tiennent à cœur et des échanges que nous n’oublierons jamais. La rencontre avec L’Enfant Bleu en fait partie. Cette association au doux nom rêveur, nous en entendions parler depuis quelques temps déjà. Nous vous invitons désormais à découvrir ses actions essentielles et à les faire connaître autour de vous.

Histoire de voir que l’on a de grands moyens d’action pendant le confinement et même après, nous vous en avions déjà un peu parlé.

L'Enfant Bleu

L’Enfant Bleu contre la maltraitance à l’enfance

Fondée en 1989 par Madame Lorène Russell, elle-même victime de graves maltraitances lorsqu’elle était en bas âge, l’association L’Enfant Bleu n’a depuis lors, cessé de se battre pour sauver l’Enfance. Vous pouvez le découvrir sur son site. 

Son intervention se fait à plusieurs niveaux, du premier appel signalant l’existence de possibles maltraitances d’un enfant à l’accompagnement psychologique des adultes ayant subi des violences par le passé.

En cette période de crise sanitaire, le confinement est propice à l’augmentation des violences. L’association a donc développé un plan de sensibilisation et encourage plus que jamais l’entourage de tout enfant victime de maltraitance à parler et à alerter pour le sauver.

Au moindre doute, vous pouvez donc appeler le 119 (appel gratuit) ou l’Enfant Bleu au 01 56 56 62 62 (appel non surtaxé). Même dans l’anonymat, faites part des faits de violence dont vous êtes témoins.

Des compétences pluridisciplinaires

Afin d’apporter l’aide la plus appropriée aux enfants victimes de maltraitance, l’association se munit de compétences précieuses, dans l’accompagnement psychologique et juridique. Car les violences faites à l’enfance constituent un sujet délicat qui évolue non sans peine au regard de la loi et à celui de la société.

En effet, ne nous est-il pas arrivé à tous de surprendre quelques comportements problématiques vis à vis des enfants ? Une claque donnée en public ; des coups aperçus durant un trajet en bus ou en train ; des pleurs ou des cris fréquents venus du voisinage… La question qui se pose toujours est : comment réagir ? Peut-être que ce qui compte, c’est justement de réagir.

Sur le moment ou après, nous pouvons nous interposer, parler ou rapporter les faits dont nous sommes témoins.

L’évolution au regard de la loi : actions de l’Enfant Bleu

Le 2 juillet 2019, la loi relative à ‘l’interdiction des violences éducatives ordinaires’ était validée par le Sénat. Une évolution notable dans l’amélioration de la protection à l’enfance. Concrètement, la fessée ne fait plus partie du ‘droit de correction des parents.’ Et l’autorité parentale doit s’exercer ‘sans violences physiques ou psychologiques.’

L’impact du cadre juridique est essentiel dans l’approche de la maltraitance à l’enfance. A L’Enfant Bleu, chaque victime qui en a besoin peut être accompagnée par un juriste. L’Enfant Bleu se constitue aussi partie civile dans certains procès où les enfants sont malheureusement décédés ou ont gravement été blessés.

Toute une équipe d’avocats se bat aux côtés de l’association et la représente lors de ces procès afin de porter la voix des victimes et de dénoncer les dysfonctionnements.

L’Enfant Bleu : la difficile défense des victimes

Saviez-vous par exemple que même pour un enfant de 11 ans, la loi admet qu’il puisse y avoir relations sexuelles avec un adulte sans ‘violence, contrainte, menace ou surprise’ ?

L’Enfant Bleu et d’autres associations œuvrent pour que soit mise en place une présomption de non consentement pour les mineurs de moins de 15 ans, ce qui impliquerait un jugement en cour d’assises pour les coupables de ces actes de violences sexuelles.

Pauline Grison, assistante communication et relation donateurs pour l’association, insiste également sur les difficultés que rencontrent les enfants dans la constitution de leur dossier. ‘Dans notre système judiciaire, le plaignant doit apporter la preuve des maltraitances qu’il subit. Une démarche compliquée par la vulnérabilité des victimes et le contexte dans lequel ils ont subi les violences. De nombreux coupables sont donc acquittés faute de preuves.’

Raison de plus pour agir et participer à la défense des victimes. Votre témoignage peut en effet constituer une preuve. Au moindre doute, vous pouvez donc appeler le 119 (appel gratuit) ou l’Enfant Bleu au 01 56 56 62 62 (appel non surtaxé).

Raison de plus pour agir !

L’Enfant Bleu agit donc au niveau institutionnel par des concertations avec le Ministère des Solidarités et de la Santé et des propositions concrètes. Car bien souvent, les lacunes dans l’accompagnement à l’enfance sont aussi à l’origine des situations dramatiques.
Dans le fonctionnement de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) par exemple, la gestion des dossiers de suivi familial se fait au niveau départemental. On apprend donc que, parfois, il suffit à des parents maltraitants de déménager et de changer de département pour que l’on ne tienne pas compte de l’historique du dossier familial.
Voilà pourquoi il est important d’agir vite à notre niveau pour éviter des drames irréversibles. Tirer la sonnette d’alarme, c’est souvent empêcher la catastrophe qui finit par survenir au cours de la montée crescendo de la violence.
l'Enfant Bleu

Protection de l’enfance : nous pouvons tous contribuer

En novembre 2019, à la Cour d’Assises de la Creuse, les parents du petit Gabin ont été condamnés à 17 ans de réclusion criminelle pour ‘privation de soins et aliments ayant entraîné la mort par ascendant.’ L’avocat de l’association L’Enfant Bleu, Maître Yves Crespin, s’était alors exprimé ainsi :

« C’est une décision lourde mais significative. Ça veut dire aussi qu’on ne peut pas accepter qu’un enfant, en France, aujourd’hui, puisse mourir de faim et de soif, uniquement parce que les parents l’ont délaissé ».

Et cela ne s’arrête pas là. Le médecin de famille, témoin lors de ce procès pour expliquer l’extrême maigreur du petit Gabin, doit maintenant comparaître au tribunal correctionnel de Guéret. Pour le motif de ‘non assistance à personne en péril.’

Il incombe en effet à chacun d’entre nous d’agir lorsque nous avons connaissance de la mise en péril d’enfants. D’une part, le fait de ne pas le faire peut être qualifié de ‘non assistance à personne en danger’ et donc lourdement puni par la loi. D’autre part, il n’y a pas de risque à signaler des actes de violence à l’égard des enfants. Sachez notamment que, suite à un témoignage d’un proche ou du voisinage, l’association L’Enfant Bleu ne dévoile le nom du témoin que s’il l’accepte.

‘Nous ne pouvons laisser faire sous prétexte de ne pas s’immiscer dans les affaires de famille ou par risque des représailles, soutient Pauline Grison. Un simple appel peut sauver une vie. Le Grenelle sur les Violences faites aux femmes, en 2019, avait déjà brisé certains tabous, ainsi que les nombreuses campagnes de sensibilisation. Nous devons continuer.’

La hausse des appels durant le confinement

Comme nous le pressentions, il y a eu une hausse significative des violences durant le confinement. Une hausse qui a entraîné également davantage de signalements. 34 % d’appels en moyenne en plus de la part de mineurs alertant sur leur propre situation de danger ; 36 % d’appels en plus provenant de camarades des victimes et 30 % en plus de voisins qui ont surpris des violences.

Les lignes téléphoniques sont doublées d’un service de signalement par internet et d’une campagne de sensibilisation lancée par l’Unicef et le collectif #noustoutes : #EntendonsLeursCris. Il y a quelques jours, l’animateur Thierry Beccaro a également lancé un appel touchant, invitant les enfants à communiquer dès qu’ils le pouvaient s’ils étaient victimes de violence.

Autant de dispositifs et d’actions qui montrent que nous progressons petit à petit. Comme le souligne Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat chargé de la Protection de l’Enfance :

Cela signifie que tous les messages qu’on essaye de relayer sur la nécessité d’être attentif aux cris qu’on entend de l’autre côté du mur, tout ça commence probablement à porter ses fruits

Les actions de L’enfant Bleu pour enfants et pour adultes

L’Enfant Bleu agit à tous les niveaux des violences infligées à l’enfance par le biais d’un suivi psychologique proposé aux enfants et par l’assistance juridique.

Les adultes qui ont été victimes de maltraitance dans leur enfance peuvent également faire appel à l’association. L’Enfant Bleu permet de bénéficier d’un suivi psychologique. Deux groupes de parole relatifs aux violences psychologiques et physiques ont été créés. Un groupe consacré aux victimes de violences sexuelles. L’association souhaite aussi que d’autres groupes voient le jour dans les mois ou années à venir.

Vous pouvez si vous le souhaitez, contribuer aux actions de l’association, en participant au fonds de soutien pour les enfants en danger. Accessible ici.

L'Enfant Bleu

Merci à L’Enfant Bleu

Nous tenons à remercier L’Enfant Bleu pour nous avoir ouvert les yeux sur une réalité extrêmement difficile. Sur un combat nécessaire au quotidien. Nous avons fait la connaissance d’une équipe à la bonne humeur et au courage admirables.

Nous souhaitons que grâce à eux et avec notre soutien, nécessaire, on l’aura compris, les bleus des âmes meurtries disparaissent pour laisser la place à la couleur de l’espoir.

 

Pour Contacter L’Enfant Bleu

01 56 56 62 62 – du lundi au vendredi, de 10H à 13H et de 14H à 18H 

Par mail : renseignements@enfantbleu.org

Via le site internet : www.enfantbleu.org

Via les réseaux sociaux : Facebook – Instagram – Twitter

Et en cas d’urgence

Un numéro vert pour toutes difficultés liées au confinement : 0 800 130 000

Vous pouvez appeler le numéro national de l’enfance en danger : 119

En cas d’urgence immédiate, contactez le 17

 

Kadija

Kadija

Convaincue par le pouvoir de l'écriture et celui de l'humain, j'oeuvre avec les mots. Pour donner "une deuxième vie aux objets" à travers leur belle histoire et "une seconde chance aux hommes" de les lire et de les découvrir...

2 Comments

  • Rukmini dit :

    Bonjour, ça me touche ces problématiques et j aimerais pouvoir être un aidant pour ces enfants maltraités. Proposer mes services d aide, d écoute, de réconfort, de psychologie…… alors comment faire? Où sont basés les centres? Puis je aider par téléphone sinon dans un premier temps pour prendre des appels d alertes?
    Merci

    • Kadija dit :

      Bonjour, merci pour vous votre message. Il est bien sûr possible de contribuer à l’action de L’Enfant Bleu en participant au fonds de soutien ou en devenant bénévole.
      Voici le lien sur le site de l’association qui vous donnera toutes les informations sur le bénévolat :
      https://enfantbleu.org/agir-et-donner/agir/devenir-benevole/
      N’hésitez pas à les contacter par mail ou par téléphone.
      Bonne fin de semaine à vous.

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