Femmes et précarité, précarité du féminisme

Attention, sujet piège ! Comment parler de féminisme sans tomber dans les lieux communs, les clichés ou l’idéologie, sans choisir de critiquer ou au contraire de revendiquer ? Comment tirer profit de cette mini fenêtre de tir qu’est la journée du droit des femmes pour s’intéresser au féminisme ? Et puis surtout, pourquoi nous, Label Emmaüs, souhaitons vous parler de féminisme ?

Emmaüs et le féminisme : pourquoi en parler ?

Soyons clairs : Emmaüs n’est pas un mouvement activiste féministe. Mais par pragmatisme tout simplement, le mouvement de l’abbé Pierre a continuellement été traversé par la question (et si Emmaüs se pose cette question concrète, c’est qu’il y en a une, de question !) : « quelle place pour les femmes ? » et a tenté d’y répondre.

Dès les origines du mouvement Emmaüs, avec la création d’une communauté de femmes par l’abbé Pierre en 1954 au Plessis-Trévise. Puis avec l’essaimage de nombreux chantiers et entreprises d’insertion textile pour répondre aux besoins sociaux spécifiques des femmes seules. Et en parallèle avec la création de plusieurs centres d’accueil ou d’hébergement dédiés aux femmes par Emmaüs Solidarité et par la Fondation Abbé Pierre. Enfin aujourd’hui, avec l’accueil de plus en plus normalisé des femmes dans les communautés Emmaüs.

Dernièrement, les compagnes d'Emmaüs du groupe régional « Paroles de femmes » étaient en visite sur le site de Prahecq. - Dernièrement, les compagnes d'Emmaüs du groupe régional « Paroles de femmes » étaient en visite sur le site de Prahecq.

A Emmaüs comme partout dans la société, le vrai défi des femmes tient en une seule phrase : faire entendre leur voix de moitié-de-l’humanité.

Ci-contre : Compagnes Emmaüs du groupe régional « Paroles de Femmes » en Poitou-Charentes

source : La Nouvelle République, 29 juin 2016

 

Si toutes les femmes ne sont pas précaires, les droits des femmes eux le sont certainement, précaires : ils peuvent, du jour au lendemain, reculer voire disparaître. Rien n’est acquis.

C’est pourquoi, en cette journée des droits des femmes, nous vous proposons de redécouvrir la littérature féministe d’hier et d’aujourd’hui à travers 3 portraits-robots de féministes, trois voies qui jouent sur des représentations et des approches culturelles différentes. Chacune de ces voix/voies a, à sa manière, contribué et continue de contribuer à faire avancer l’égalité et la fraternité entre femmes et hommes. Vous y reconnaîtrez-vous ? (la question s’adresse aussi aux messieurs !)

Quel(le) féministe êtes-vous ? 3 portraits-robots et 6 ouvrages pour le découvrir

Portrait-robot n°1 : l’intellectuelle

C’est celle qui déconstruit point par point les représentations sexistes, remet les points sur les I et les barres sur les T. Une féministe de plaidoyer, à qui on dit « Madame ». Celle qui cultive un style convenable, bien-sous-tous-rapports, raie au milieu et austère tailleur en tweed, pour mieux faire passer le message : les codes sociaux, oui, mais à la condition sine qua non de l’égalité. L’avocate, celle qui parle en langage de droit pour obtenir des droits. En toute courtoisie, sans rébellion, par l’absurde. CQFD.

Ce qu’elle lit :

veil

Une Vie de Simone Veil

badinter

Fausse route d’Elisabeth Badinter

Portrait-robot n°2 : la punk

C’est celle qui tourne le monde à 180°, sans te demander ton avis. Celle qui brise les tabous et t’imprime des images trash dans la tête pour te faire réfléchir après coup, après choc. Celle qui te provoque, garçon-manqué : « et alors, qu’est ce que tu vas faire ? ». Une féministe qui fait sa crise d’ado. La féministe née à l’ère du mass media. Sans doute celle qui fait le plus parler du combat des femmes. Et si tu comprends pas, c’est tant pis pour toi.

Ce qu’elle lit :

Mordre au travers de Virginie Despentes

hard

Hard de Raffaëla Anderson

Portrait-robot n°3 : la rose-bonbon

Elle, c’est celle qui rit fort et te désarme par son humour. Celle qui tire le trait du féminin, girl power ! Celle qui se marre avec et de son corps et porte du rose en étendard. Celle qui par sa légèreté et sa vulnérabilité fait passer des messages graves, l’air de rien, au quotidien. Une féministe qui infuse. Pas fâchée contre les machos non plus, juste un peu triste pour eux.

Ce qu’elle lit :

ensler

Les Monologues du vagin d’Eve Ensler

girard

La Femme parfaite est une connasse ! d’Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard

 

Qu’on se le dise, ces trois portraits-robots ne résument sûrement pas les mille manières de faire avancer les droits des femmes. Il y a autant de féminismes qu’il existe de femmes et d’hommes* et on a besoin que chacun(e) en prenne sa part … à sa manière !

Allez, à dans 364 jours, hein.

* NDLR : Nous n’avons pas dressé de portrait-robot de féministe masculin car en fait, il existe peu de figures masculines impliquées dans des courants féministes, mais plutôt quelques personnalités isolées engagées dans ce combat, et surtout une majorité silencieuse d’hommes qui agit au coté des femmes au quotidien pour plus d’égalité.

 

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